2000 > 2015

De l’espace. Comme des bubons sur une peau, des oiseaux constellent le sol. Comme le trou d’un obus, le clou dans la main du Christ laisse la même trace. Tête de pitbull ou d’homme, même fuite de chair… Gibet, croix, potence confirment l’arithmétique du même. Vélickovic tient à ce qu’on reconnaisse la permanence de ses signes. Que s’est-il donc passé pendant soixante ans d’atelier si ces «éléments» sont les mêmes…? Qu’est-ce qui serait apparu ?

Le ciel, le ciel peut-être. Une vie entière pour que son regard quitte les murs aveugles de cette cave où il dut se réfugier pour regarder un ciel en flammes puis se plonger dans les limbes. Espace troublant dont on devine à quel point il est travaillé pour que rien n’y paraisse. La peinture en tous ses états, jetée, mise en flaque, brossée, recouverte, abandonnée, la peinture parlée de toutes ses langues, comme une prière inlassablement reprise, un corps chevauché jusqu’à la fatigue. Des ciels de nuit où le regard s’enfonce oubliant les gisants, les blessures, les corps suspendus. Des ciels aux éclats de perles dont les secrets sont en chacun qui les regarde. Des ciels métaphysiques, qui nous disent qu’il ne faut pas abandonner. Quelque chose qui serait la peinture et pas l’image, nous fait partager son entêtement et nous apprend à nous tenir droit, les yeux ouverts…

A.A.

 

Extrait de Itinéraire d’Alin Avila

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