1954 > 1970

Des débuts. Aucun désir n’aura été plus fort que la peinture – qui n’est pas un fauteuil confortable comme le prétendait Matisse. Elle est le chantier de son être, la forme qu’il a donnée à son destin. Il tient à ce qu’on le nomme « peintre », pourtant c’est le dessin qui l’occupe le plus. Le dessin est une discipline du regard, la peinture est une pensée du monde. Son regard est intérieur, tourné vers une commotion née dans la guerre. Cette blessure a forgé sa vision, elle a comblé sa solitude d’adolescent pour devenir le moteur de son œuvre entière.

Dès ses premiers tableaux, il n’hésite ni dans ses manières, ni dans ses sujets.

Une langue visuelle est là. Les années la conforteront avec des moyens plastiques de plus en plus maîtrisés.

Certains voudront que son œuvre soit, pourquoi pas, dénonciatrice… D’autres considéreront que son sens n’est atteint qu’au terme de la maîtrise de cette discipline sans sujet, jumelle de la vision, la peinture. Dès ces années-là, son regard, toujours intérieur, a tout dit de sa blessure, mais Vélickovic n’est pas un témoin de l’Histoire, il veut être peintre. C’est donc à son œuvre d’exalter l’inexplicable de l’homme par l’inexpliqué de la peinture, programme dont l’ambition se présente à lui comme son projet de vie. Pour Vélickovic, la peinture va devenir la permanente compagne, une énigme obsédante et sa clef...

A.A.

 

Extrait de Itinéraire d’Alin Avila

1954 >1970